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mardi , mai 24 2022

Bénin : ces structures d’Etat qui n’ont pas résisté au temps

Patrice Talon, président de la République du Bénin

On était en novembre 2016, précisément le mercredi 30. Soit environ huit (8) mois après l’élection du président Patrice Talon face à son challenger, le franco-béninois Lionel Zinsou, au second tour, à 65,39% des voix.

L’euphorie des élections ayant vu l’ancien chef d’Etat Boni Yayi partir du pouvoir après dix ans de gestion, n’était plus certes aussi effervescente, mais ses relents y sont toujours perceptibles. Le compte à rebours avait déjà commencé, les actions également. Et parlant d’actions, le candidat devenu président avait pris son ‘’nouveau départ’’. Chose promise, chose due, les réformes administratives et structurelles ont démarré.

A l’issue du conseil des ministres de ce mercredi 30 novembre 2016, la décision est tombée comme une massue sur la tête des agents de ces structures. Quatre au total. La Société nationale de promotion agricole (Sonapra), la Centrale d’achat des intrants agricoles (Caia-SA), l’Office national d’appui à la sécurité alimentaire (Onasa), et l’Office nationale de stabilisation et de soutien des prix des revenus agricoles (Ons).

L’opinion publique s’émeut, le gouvernement s’explique. « Les fonctions de ces quatre structures ne sont plus pertinentes au regard de celles des directions départementales, des pôles de développement agricole et des agences territoriales de développement agricole », a clarifié alors le conseil des ministres.

Quant à la gestion du secteur agricole, pas de crainte. Du moins, le gouvernement assurait que le 26 octobre 2016, une nouvelle administration avait déjà été mise en place par le conseil des ministres, sept agences créées pour administrer sept pôles de développement sur l’ensemble du territoire national, selon les spécificités régionales.

Donc pas de crainte. Bien, et qu’en était-il des travailleurs de ces institutions dissoutes ? Les agents permanents de l’Etat ont pu tirer leur épingle du jeu. Les autres, exit. Dure réalité qui se reproduira avec d’autres organismes étatiques à destin identique.

Cncb, Infosec, Abp et Cnds, du passé

Le temps a passé. De 2016 à 2021, fin du premier mandat du chef de l’Etat, des réformes structurelles et autres actions ont été engagées. Evidemment, elles n’ont pas fait l’unanimité, les intérêts personnels et collectifs étant bouleversés. Le climat socio-politique est devenu tendu cinq ans après, une partie de la population n’était plus en phase avec la politique de gestion du régime de la rupture. Mais avançons.

Elections présidentielles d’avril 2021. Patrice Talon est réélu au premier tour avec un score écrasant. 86% des voix exprimées pour lui seul, et sa colistière. Maintenant, le développement, ça y est. Les dissolutions aussi. Le 29 septembre 2021, le conseil des ministres dissout le Conseil national des chargeurs du Bénin (Cncb) et nomme un liquidateur. Ceci, consécutivement à l’opérationnalisation du système d’information portuaire, véritable plateforme technologique de traitement optimal des demandes et de fourniture des différents services portuaires. Dès lors, l’existence du Cncb ne se justifie plus.

L’Agence Bénin Presse (ABP) a mordu la même poussière à l’instar de l’Institut de formation sociale, économique et civique (Infosec). Ces deux institutions du service public ont goûté au vent de dissolution. La raison est claire, « souci d’optimisation et de rationalisation des ressources » de l’Etat. Et puisque ces services n’ont plus objectivement leur raison d’être, ils disparaissent, laissant d’autres structures entre-temps mises en place, jouer efficacement leurs rôles, a fait comprendre le gouvernement.

En ce qui les concerne, le Conseil national du dialogue social (CNDS) et ses démembrements disparaissent au profit de la commission nationale de concertation, de consultation et de négociations collectives, issue de l’organisation de la troisième édition des élections professionnelles nationales.

La mission principale de cette structure remplaçante est de « prévenir les conflits sociaux en proposant des mesures visant à entretenir un environnement social apaisé. De ce fait, ses attributions intègrent dans une large mesure, celles initialement dévolues au CNDS », a expliqué le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji.

D’où l’abrogation du décret portant création, attributions, composition, organisation et fonctionnement du Cnds, décidée en conseil des ministres du mercredi 19 janvier 2022.

Quid des employés ?

Les fonctionnaires agents permanents de l’Etat ont cette chance de maintenir leur boulot. Dissolution ou pas, entre eux et l’Etat, il y a toujours le contrat de travail qui les lie.

Par exemple, « les agents employés par le CNCB dans le cadre de la gestion des activités transférées au port autonomes de Cotonou, y seront reversés », avait promis le gouvernement. Les fonctionnaires agents permanents de l’Etat de l’ABP retournent quant à eux dans les ministères tandis que les conventionnés sont remerciés et leurs droits payés.

Pratiquement le même cas de figure dans toutes les dissolutions. Si le gouvernement a prévu, sur la base des critères de qualification et de compétence du reste des agents du Cncb, les intégrer dans d’autres structures du ministère, ceux qui ne remplissent pas, ailleurs, lesdits critères n’ont ou n’auront pas la chance de dormir le cœur moins lourd.

Emmanuel M. LOCONON

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