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mardi , décembre 7 2021

Prof. Noudjènoumè aux enseignants de la Fadesp : « Votre pratique tend à discréditer notre faculté… »

Philippe Noudjènoumè

Adresse de Pr. Philippe NOUDJENOUME au corps professoral de la FADESP

A PROPOS DES RESULTATS DE FIN D’ANNEE 2020-2021

ADRESSE AU CORPS PROFESSORAL DE LA FADESP.

Les résultats de la session de rattrapage, autrement dit, de la dernière chance de l’année universitaire 2020-2021 viennent de tomber à la Faculté de Droit et de Sciences Politiques- FADESP- (de l’Université d’Abomey-Calavi), notre faculté. On y enregistre des résultats inouïs tels que sur 2166 étudiants seulement 67 sont admis en 3ème année soit un taux de réussite de 3,09%. Les 97% sont déclarés échoués. Sur 5.000 étudiants, 177 admis, soit 2,1% en 2ème année. Comme cela peut se comprendre, un tel taux a créé de l’émoi dans tout le pays.  Et pour cause ! C’est l’une des rares catastrophes intervenues dans notre Faculté depuis des années.

Certes j’apprends que depuis lors des choses inacceptables ont désormais droit de cité dans ma faculté. Que des enseignants titulaires d’enseignements donc compétents pour le faire, arrivent au cours les premiers jours, balancent à la tête des étudiants leurs polycopiés de cours ou leurs ouvrages, puis disparaissent pour tout le reste du temps du déroulement de ces enseignements et à sa place y envoient des répétiteurs à compétence douteuse. On apprend d’autres choses autour des séances de corrections etc.

Ce que je voudrais que chacun des enseignants sache à travers mon adresse c’est les choses suivantes :

Premièrement : La Faculté n’est pas la propriété d’un enseignant quel qu’il soit. La Faculté est la propriété du peuple contribuable qui y envoie ses enfants pour les instruire et les rendre à même de servir le pays. L’enseignant ne peut disposer de la faculté comme il l’entend.

Deuxièmement : L’enseignant n’est qu’un Employé de l’Etat, incarnation du peuple et en conséquence, en tant qu’employé donc travailleur, est tenu à une obligation de résultat en fin d’exercice ou d’année.

Troisièmement : Tout Employé, travailleur, est évalué au résultat de son travail ; c’est-à-dire que c’est les résultats de son travail qui permettent de mériter son poste ou être promu ou rétrogradé ou être remercié par l’employeur.

Quatrièmement : Les résultats du travail d’un Enseignant travailleur s’évaluent aux résultats des étudiants en fin d’année. C’est dire qu’un résultat négatif des étudiants est un échec de l’enseignant et doit être sanctionné en tant que tel. Les résultats ci-dessus obtenus, signifient l’échec d’une année non seulement pour les étudiants et leurs parents, mais pour surtout pour les enseignants eux-mêmes, car exprimant ou leur incompétences ou leur négligences coupables.  L’opprobre de ces résultats est au passif d’abord des enseignants que vous êtes. Aucune palme académique ne peut occulter cette réalité que l’enseignant s’évalue d’abord à son rendement obtenu aux résultats des étudiants ; sinon il peut être chercheur, mais ne mérite pas le titre d’enseignant-chercheur.

Le plus surprenant c’est que des jurys s’installent, délibèrent et valident sans sourciller de tels résultats.

Professeurs de la FADESP et chers collègues,

Cette situation interpelle tout enseignant ou ancien enseignant de notre faculté.  Car faisant appel à notre responsabilité. Cette insouciance du corps enseignant devant les conséquences d’une telle situation, interpelle chacun de nous.

Nous devons nous interpeller sur cette insouciance que derrière une copie anonyme, il y a une vie, il y a l’espoir pour des parents et surtout le développement d’un pays. C’est souligner par-là la lourde charge qui pèse sur vos épaules d’enseignant. Et face à cela, chacun d’entre vous est responsable et il n’est pas acceptable que chacun d’entre vous se réfugie derrière un anonymat sécurisant. C’est dire que le peuple a le droit de connaître nommément ceux qui consciemment à leur niveau, participent du sabotage de la vie, et de l’avenir du pays.

Je m’adresse à vous en tant qu’ancien Enseignant et Responsable de cette faculté que je crois laisser en des mains responsables, en les mains de gens qui doivent avoir conscience que si en notre temps, avec les moyens dérisoires, nous avions procédé à la manière dont vous agissez aujourd’hui, bon nombre d’entre vous ne serait pas là où ils sont aujourd’hui.

Enfin chers Collègues, je voudrais souligner que votre pratique tend à discréditer notre faculté, à éloigner des volontés qui croient en elle et décourager tous ceux qui ne veulent pas ou n’ont pas les moyens d’envoyer leurs progénitures à l’extérieur des frontières pour étude en droit. C’est détruire cette opinion établie que la  faculté de droit de l’UAC a fait la preuve de son sérieux (en tant que faculté de droit du monde francophone) pour avoir formé sur place des produits qui font la preuve de leurs compétences dans le monde aujourd’hui.

Tout en faisant appel à la Conscience que vous devez avoir de votre statut d’Employé au service du peuple, je vous prie de recevoir mes salutations distinguées.

Cotonou, le 11 Novembre 2021.

Philippe N

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