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vendredi , décembre 3 2021

Bénin : cette rétrospection du Prof. François Abiola en 1905 pour expliquer ‘’l’effet réactif’’ de la loi sur l’avortement

François Abiola, ancien vice-premier ministre sous le régime du président Boni Yayi

Au Bénin, le débat autour de la ‘’légalisation de l’avortement’’ se poursuit. L’ancien membre de la huitième législature, professeur François Abiola, s’y est également opiné. Il a procédé par comparaison entre la situation en cours au parlement béninois et celle vécue en 1905 au niveau de l’Assemblée nationale de la France. Le membre du conseil électoral souligne le rôle de l’Eglise catholique depuis la colonisation et en vient à la conclusion que le Bénin est un pays laïc.  Il soutient ce vote ajoutant que « la loi est votée, vite la loi ».

Lire l’intégralité de son analyse

2021 à l’Assemblée nationale du Bénin comme dans les années 1905 à l’Assemblée législative française.

On le sait bien,  les missionnaires catholiques ont été les précurseurs de la colonisation au Bénin. Ils ont déblayé le terrain pour permettre au colon le balayage des si détestables croyances des indigènes pour eux afin d’aboutir selon leur vision à l’adoption par ces mécréants, de la mission civilisatrice pour sauver leurs âmes en perdition.

On se rappelle aussi ces années lumières durant lesquelles quelques élites du moment ont fait courber l’échine à la toute puissante hiérarchie catholique. Rappelons-nous le parcours de l’une de leurs victimes parmi les plus célèbres du  nom de Galilée.

L’église catholique était si puissante qu’elle pouvait décider de tout pour les citoyens. Il a fallu à certains comme Victor Hugo pour  dire dans un discours célèbre le 14 janvier 1850 à l’Assemblée nationale française, « L’Église chez elle et l’État chez lui ». Ceci est le résumé de l’affrontement à l’époque  de ceux-là qui combattaient pour  la destruction complète de l’Église ou tout au moins afin qu’elle reste dans son couloir religieux. C’est dans ce contexte que le député Aristide Briand a déposé le 4 mars 1905 un projet de loi comme une  réponse indispensable aux difficultés politiques qui divisaient la France au nom de la religion.

Malgré des divergences assez fortes et les protestations des catholiques, la loi fut votée le 3 juillet 1905 par 341 voix contre 233 à la chambre et le 6 décembre 1905 par 181 voix contre 102 au Sénat. Elle est promulguée le 9 décembre 1905 et entrée en vigueur le 1er janvier 1906. Le débat était clos, respect de la légalité étatique.

Nous n’exagérons pas avec ce rappel pour faire le parallèle en scrutant  la position de l’église catholique du Bénin avant et après le vote intervenu à l’Assemblée nationale du Bénin le 21 octobre dernier au sujet de l’encadrement de l’interruption de la grossesse. L’église a donné son avis et les députés ont voté la loi, à l’unanimité. Mais comme on est au Bénin, on peut continuer à jouer sur l’émotion des populations. L’autre n’a-t-il pas dit que  l’émotion était nègre ? Un autre de penser qu’avec la religion on peut obtenir beaucoup du peuple. On le sait aussi, le colonisateur a

bien compris qu’il fallait l’aide des responsables religieux pour parvenir à la domination des ‘’indigènes’’ : l’évangélisation au service de la colonisation.

Ainsi, quand on visite l’histoire de l’évangélisation surtout catholique au Bénin de 1860 à 1960, on se rend aisément compte de la part qu’elle a prise pour faire changer aux ‘’indigènes’’ leurs croyances religieuses et ceci de façon à peine dissimulée avec l’Etat colonisateur : relation étroite entre le religieux et le politique pour dominer un peuple.

Selon Karl Max, la religion est l’opinion du peuple mais de grâce, avec la laïcité qui est inscrite et maintenue dans les différentes constitutions du Bénin depuis 1960, que chacun reste dans son couloir.

La loi est votée, vive la loi.

Cotonou, le 26 octobre 2021

François Abiola

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