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vendredi , décembre 3 2021

Avortement au Bénin : la polémique s’enfle, le Parlement s’explique

James William Gbaguidi, porte-parole de l’Assemblée nationale du Bénin @AN

Le mercredi 20 octobre 2021, une date qui restera longtemps dans les annales de l’Assemblée nationale et gravée dans la mémoire collective. Elle marque le vote de la loi autorisant l’Interruption volontaire de grossesse (IVG) en République du Bénin. Ce qui l’a rendue davantage particulière c’est la vague de rumeurs nées à cet effet au sein de l’opinion publique et qui, selon le porte-parole de l’Assemblée nationale, sont mensongères. Il s’est expliqué lors d’une conférence de presse, vendredi dernier, à l’occasion de la clôture de la troisième session extraordinaire de l’année 2021.

Avortement. C’est le mot qui cristallise les débats et déchaine les passions depuis quelques jours au Bénin. Au lendemain de l’adoption à l’unanimité des députés présents, de la loi modificative de la loi n°2003-04 du 03 mars 2003 relative à la santé sexuelle et la reproduction, la polémique s’enfle au niveau des citoyens. Les uns pour incriminer l’assemblée nationale pour avoir laissé passer une loi promouvant « la culture de la mort », les autres pour agiter partout que la représentation nationale a été l’objet d’une pression extérieure.

Mais pour le porte-parole de l’institution présidée par l’honorable Louis Vlavonou, rien de tout ce qui se dit n’est vrai. James William Gbaguidi estime qu’il s’agit plutôt d’une « campagne de dénigrement systématique » déclenchée contre l’Assemblée nationale, « à l’effet de jeter l’opprobre sur elle et sur son Président, présentés comme ayant ouvert les vannes de l’avortement à tout-va au Bénin ».

Il oppose sa version des faits à celle distillée par l’opinion publique, la presse nationale qu’internationale, en affirmant que  la loi portant modification de la loi n°2003-04 du 03 mars 2003 relative à la santé sexuelle et la reproduction ne vient pas « légaliser la pratique de l’avortement ».

« D’abord, dire que le Bénin vient par ce vote de légaliser la pratique de l’avortement, c’est distiller une contre-vérité ! La loi n° 2003-04 du 03 mars 2003 relative à la santé sexuelle et la reproduction prévoit depuis 2003 justement un certain nombre de circonstances dans lesquelles la femme est autorisée à interrompre une grossesse en cours. Les nouvelles dispositions qui entreront bientôt en vigueur si la Cour constitutionnelle les déclare conformes à la constitution, sont certes venues élargir quelque peu ces circonstances, mais ne les ont pas instituées. En termes simples, le Bénin ne vient pas de légaliser la pratique de l’avortement, non.» a clamé le porte-parole du parlement.

« Rumeurs mensongères »

Avant qu’il ne soit validé, ce projet a dû passer par plusieurs étapes.  « Les convictions sociologiques et religieuses les plus fortes se sont exprimées. Avant ces échanges, certains députés avaient fait connaître leurs réserves. D’autres les ont exprimées sans ambages lors du débat général et de la discussion particulière article par article. On a pu sentir battre pendant plusieurs heures à pleines pulsations le cœur de la démocratie dans son temple qu’est l’Hémicycle », a rappelé James William Gbaguidi en mettant l’accent sur la procédure que doit suivre le vote d’une loi au Parlement.

Par ailleurs, à ceux qui pensent que les parlements « ont été achetés à coups d’argent », le porte-parole répond que ce ne sont que des « balivernes ». Il remet en cause les « rumeurs mensongères » devant leur existence à la recherche de « buzz ». La loi objet de débats, assure-t-il, a été votée du fait de l’intérêt qu’elle porte pour la société, notamment pour les femmes béninoises. Les députés l’ont adoptée « en se laissant convaincre qu’il valait encore mieux cette loi que de continuer à laisser des femmes enceintes confrontées à certaines situations de détresse, se livrer à la pratique des avortements clandestins à risque. » explique James William Gbaguidi.

Nonobstant, des voix discordantes continuent de s’élever au sein de l’opinion publique arguant que la solution contre l’avortement clandestin n’est pas de légiférer pour sa libéralisation, mais plutôt d’œuvrer pour le renforcement de l’éducation sexuelle des jeunes.

Emmanuel M. LOCONON

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