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lundi , décembre 6 2021

La marche vers Canaan : de Moïse à Josué

Kingnidé Paulin AKPONNA

Il était une fois, dans un pays situé aux encablures du Golfe de Guinée, un homme accède au pouvoir de façon quasiment providentielle. D’une apparence humble et la bible en bandoulière, son avènement à la tête de ce pays, à la croisée des chemins, avait suscité beaucoup d’espoir parce qu’il était intervenu dans un contexte national marqué par la prévarication, la décadence des valeurs, la corruption généralisée, la concussion, le régionalisme, l’extrême politisation de l’administration publique, etc.

Une fois au pouvoir, l’adhésion politique autour de celui qui avait été considéré un temps pour un messie, était à la hauteur de la soif du changement qui étreignait le peuple et de l’espérance d’un lendemain meilleur qu’il incarnait par ailleurs. Sa gouvernance, les vingt premiers mois à la tête du pays, traçaient les sillons d’un lendemain meilleur. Indépendant des partis politiques et faisant de la lutte contre la corruption son cheval de bataille, il était adulé et applaudi de ses concitoyens qui avaient fini par croire que le changement est possible dans leur pays.

Malheureusement, cet élan salvateur sera vite éteint par les glissements populistes successifs et les calculs politiciens dès qu’approchaient les premières élections de son mandat. Il tombe fatalement dans le traquenard des lobbies politiques et sa soif du pouvoir finit par faire de lui l’otage des leaders syndicaux et des maîtres chanteurs politiques. Ses calculs politiciens obscurantistes avec des agendas secrets, son populisme outrancier vont l’amener à multiplier les erreurs et à faire le lit aux vieux démons qui ont refait surface avec une appétence qui finira par discréditer son pouvoir.

Mal gouvernance, corruption, ethnocentrisme, concussion se généralisent aggravant la prévarication et les inégalités sociales. S’il est arrivé dans un contexte de mécontentement à se faire réélire, son second mandat sera une succession de scandales avec une société fragmentée et divisée. Homme de colère et de règlements de comptes, englué dans des calculs d’agendas secrets, il n’eut même pas le temps de préparer un dauphin. Dans le désenchantement et le déshonneur, il échoua à mener le peuple vers la prospérité promise.

Son successeur dont l’avènement au pouvoir fut tout aussi providentiel hérite d’un pays en pleine décadence. Un pays divisé et fragmenté où la corruption, la concussion et la mal gouvernance battaient son plein. Les partis politiques pouvaient faire chanter les pouvoirs. Les défis à relever étaient abyssaux. Tout était à reconstruire. L’espoir d’une rupture totale avec la gouvernance passée n’a été aussi grand et urgent pour le peuple. Le nouvel homme était conscient du diagnostic et de l’immensité du challenge. Il était préparé pour la tâche. C’est lui qui devra amener ses compatriotes vers la terre promise, une terre où couleront le lait et le miel.

Cet homme d’Etat d’un style aux antipodes de son prédécesseur, posé, rationnel et plein de prévenances démontra au bout d’un quinquennat qu’il était effectivement le messie attendu. En cinq ans, il fait rattraper à son pays les retards accumulés sur cinq décennies de mal gouvernance et de peu d’ambition. Les bases d’un développement économique sont posées, le système politique vecteur d’entourloupes et de stagnation est assaini, le pays est révélé et étonne son continent et le monde.

L’histoire de ce peuple est semblable peu ou prou à celle d’Israël incarnée par Moïse et Josué.
Le premier que Dieu a investi de la mission de sortir son peuple de l’esclavage (Egypte) pour l’amener vers la prospérité (Canaan) échoua aux portes de la Terre Promise sous l’emprise de la colère.
C’est son successeur incarnant mieux les aspirations de Dieu qui conduira son Peuple vers la Prospérité. Un des plus grands chefs militaires de l’histoire biblique, pour sa conquête de la terre promise en sept ans. Il est souvent considéré comme un modèle et une source de sagesse pratique sur comment être un bon dirigeant.
Et si nous revenons de ce voyage d’une historicité spirituelle indéniable pour surfer sur l’histoire politique contemporaine du Bénin ?
Bien malin qui m’identifierait le Moïse et le Josué de notre histoire nationale. Et pourtant l’un a offert une bible à l’autre !

Une chronique de Kingnidé Paulin AKPONNA

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