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mercredi , octobre 20 2021

Immigration clandestine : « le désert fait extrêmement plus de morts que la Méditerranée »

20 000 migrants engloutis dans la mer Méditerranée entre 2014 et 2020 selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Nonobstant, le flux migratoire s’en va grandissant. L’Europe à tout prix, mais avant l’étape de la mer Méditerranée, la traversée du désert est beaucoup plus tragique, témoignent ces migrants rescapés reçus dimanche dernier par Alain Foka sur France 24.

Sur le chemin de « l’Eldorado », c’est le détour vers la tombe. « En Libye, il n’y a pas une journée où je n’enterrais pas les gens », raconte Abdoulaye Thiam, alias ‘’Calibri Calibro’’. Migrant et activiste camerounais, il a rejoint l’Europe après un long et horrible voyage. Parti de Douala, il prendra successivement par le Nigéria, le Niger, le désert de la Méditerranée, l’Algérie, la Libye avant de parvenir plus tard à la destination. Une expérience périlleuse surtout lors de la traversée du désert de la Méditerranée, un « véritable mouroir » tu par les médias, dit-il.

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« Le premier jour, nous sommes partis à une cinquantaine et puis il y a eu dix morts. Ils sont morts dans le désert, abandonnés dans le désert. Il y a eu ce jour-là trois filles qui ont été violées devant nous par les passeurs contre qui nous ne pouvions absolument rien faire », s’en souvient Abdoulaye Thiam.

Et dans cette course, c’est toujours le sauve-qui-peut. « Généralement, on ne s’occupe même pas de vous. Même votre propre frère. J’en ai vécu. Un frère qui a été obligé d’abandonner son frère parce qu’il voyait le guide partir. Une fois que le guide a pris son chemin, il ne se retourne pas. Si tu ne le suis pas, tant pis pour toi. Tu es perdu au désert et tu es mort», relate le camerounais.

Le migrant, la pièce d’échange

Tout comme Abdoulaye Thiam, Mady Sacko, migrant malien et Fatoumata Traoré, migrante ivoirienne ont aussi pris ce risque de se lancer dans cette aventure dangereuse. En Libye, le migrant n’a pratiquement pas le libre choix. « Quand les libyens voient que tu es un migrant, que tu es un noir, ils se disent déjà que c’est un produit, c’est de l’argent potentiel. On te croise dans la rue, on t’attrape, te met dans une cour fermée à clé. Ensuite à l’aide d’un portable qui t’est remis, tu appelles ta famille depuis le pays afin qu’elle paie une rançon contre ta libération », expose Mady Sacko plusieurs fois victime de ces traitements lors de son trajet entre fin 2013 et début 2014.

Mais à écouter ces migrants rescapés, il semble que la Libye n’est pas tributaire de ce racisme. En Tunisie où Fatoumata Traoré a d’abord déposé ses valises après son départ de la Côte d’Ivoire, laissant ses deux enfants et sa famille, le phénomène règne en maître avec son lot de viol et d’exploitation. Difficile ou pas, l’objectif est déjà mentalement fixé. « Soit j’y vais, soit je meurs carrément dans la Méditerranée. J’accepte plutôt mourir, parce qu’on n’a pas autre choix », estime l’ivoirienne ajoutant : « Tu n’as même pas 5 francs et tu rentres ? ».

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« Si c’est à recommencer le même voyage que j’ai fait, je ne ferai pas »

Viol, torture, esclavage… Les dangers encourus sont énormes. Par chance, certains s’en sortent avec des séquelles à vie. Même si aujourd’hui Mady Sacko a pu avoir ses papiers sur le territoire français, contrairement à Fatoumata Traoré qui espère toujours, il n’a pas oublié les souffrances autour de ce voyage pour l’inconnu, en quête « d’une vie meilleure ». « Si c’est à recommencer le même voyage que j’ai fait, je ne ferai pas », a avoué Mady Sacko qui se donne une mission de sensibilisation de ses frères et sœurs africains ayant toujours leur vision calquée sur l’Europe.

Quant à Abdoulaye Thiam, c’est bien beau d’y être parvenus au bout de plusieurs années de souffrances. « Mais sur mille personnes qui partent, il y a peut-être 50 qui arrivent. La majorité reste. Ça ne vaut pas la peine », a-t-il lancé, invitant les africains et les dirigeants à une prise de conscience. Il souligne qu’une fois qu’on a le « virus du départ », il n’y a absolument rien qui puisse arrêter un migrant.  Seulement que quand on entre dans le cercle, il est presque impossible d’en ressortir. « Le retour est beaucoup plus difficile que d’avancer parce qu’on ne te permet même pas de rentrer ». Encore qu’au pays en Afrique, les candidats à l’immigration fuient la misère, les violences et l’oppression.

Emmanuel M. LOCONON – LME

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