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jeudi , octobre 21 2021

Accès des Personnes Handicapées aux méthodes modernes de contraception/PF:Un univers fait de multiples actions pour peu de résultats

Si plusieurs actions majeures sont menées pour permettre aux populations d’avoir accès aux services de méthodes modernes de contraception et de planification au Bénin, il n’en demeure pas pour autant qu’une approche inclusive soit disponible et adaptée pour rapprocher  ces offres des personnes handicapées.

Anselme Sènan KOSSOUHO

Au Bénin, le taux de prévalence contraceptive moderne est de 12,4% contre 15,5% pour toutes les méthodes confondues (TPC) selon l’enquête démographique et de santé de 2017-2018. Des données de cette enquête révèlent que les trois méthodes modernes préférées sont : les implants (5,4%), les injectables (Injections) (2,2%) et le Dispositif Intra-Utérin (DIU) (1,6%). Les jeunes femmes de 15 à 19 ans en union, sont celles qui ont le TPC moderne le plus faible avec 5,2%, contre 12,4% pour les 25 à 29 ans et 16,4% pour les 30 à 34 ans.

Avec une augmentation du taux de prévalence des méthodes de contraception qui s’élevait à 8% selon l’EDSB 2011-2012, l’accès à une gamme de méthodes contraceptives et au conseil contraceptif a aidé les femmes à prendre leur décision en connaissance de cause concernant les méthodes les mieux adaptées  à leurs circonstances et à leurs besoins. Mieux, l’EDSB 2017-2018 indique que la prévalence contraceptive moderne varie sous l’influence de toutes les caractéristiques sociodémographiques, mais les résultats montrent, en particulier, une augmentation importante de la prévalence contraceptive avec le niveau d’instruction de la femme. Ce niveau passe de 11 % parmi les femmes n’ayant aucun niveau d’instruction à 15 % parmi celles ayant le niveau primaire et à 24 % parmi celles ayant le niveau supérieur. 

De l’absence des indicateurs de méthodes modernes de contraception/PF chez les personnes handicapées

 Avec une population générale de 10 008 749 habitants selon le RGPH-4 (en) 2013, 92 495 personnes handicapées sont recensées, en  République du Bénin, soit 1,02% de la population. Ce recensement précise qu’il y a 48.059  personnes handicapées de sexe masculin et 44.436 de sexe féminin. Malgré ces différents chiffres qui attirent l’attention, il est difficile d’avoir des indicateurs clés sur le taux de prévalence en matière de méthodes modernes de contraception/PF. Des différentes investigations, il ressort que les nombreux projets en cours  pour faciliter l’accès des populations aux méthodes modernes de contraception n’ont  pas des objectifs spécifiques pour les personnes handicapées. 

Un tel constat qu’approuve le Point focal chargé de l’insertion professionnelle des personnes handicapées et de l’inclusion sociale à la Fédération des Associations des Personnes Handicapées du Bénin ( FAPHB), Ghislain Adandé : «  nous avons beaucoup d’acteurs au niveau national qui travaillent pour  la promotion de la contraception, mais, au niveau des personnes handicapées, rien n’est véritablement fait afin que nous ayons des données quantitatives et qualitatives ». Pour lui, l’absence des chiffres sur les méthodes modernes de contraception /PF est sans doute le résultat du manque d’approche inclusive qui prend en compte la formation des agents de santé, les infrastructures adaptées et la communication. Mieux, il explique que les actions isolées au niveau des personnes vivantes avec le handicap ne sont pas véritablement documentées pour avoir les véritables indicateurs. 

Vue de l’intérieur du centre

 Dans le même sens,  Jonas Agboko, Responsable Suivi-évaluation  à l’Organisation pour le Service et la Vie (OSV) Jordan, une organisation qui milite pour l’accessibilité des jeunes aux méthodes modernes de contraception/PF a confirmé qu’au niveau de sa structure, il n’est pas prévu des indicateurs spécifiques pour les personnes vivantes avec le handicap : « nous faisons l’offre des méthodes contraceptives à toutes les personnes qui sont dans le besoin. A cet effet, nous organisons des campagnes à  l’endroit des jeunes, personnes handicapées, adultes et tout le monde. Notre cible principale reste les jeunes.

Chez nous, nous ne faisons pas la catégorisation, ce qui fait que nous n’avons pas des chiffres uniquement pour les personnes handicapées. C’est vrai que c’est un indicateur, mais ce n’est pas un indicateur phare pour nous en matière des fonds que nous utilisons pour la mise en œuvre de nos services. », laisse-t-il entendre. Tout comme cette organisation, plusieurs autres ont reconnu n’avoir pas des chiffres sur le taux de personnes vivantes avec le handicap qui viennent pour satisfaire leur besoin en Planification familiale. 

  Des conditions d’accessibilité peu orthodoxes qui fâchent

 Selon les indices de développement, la santé maternelle est une priorité sanitaire mondiale comme le révèlent les efforts pour réduire la mortalité maternelle, ce qui est plus particulièrement représenté par l’Objectif 3 du Développement Durable (ODD). Les soins de santé maternelle sont également un droit reconnu dans le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, la Convention sur les droits des personnes handicapées et le programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement, parmi d’autres outils, et chacun d’entre eux garantit les droits à la santé. Mais, il se fait qu’au Bénin les personnes handicapées soient confrontées à des difficultés avant d’avoir accès aux méthodes modernes de contraception.

Logo d’accessibilité des personnes handicapées

En témoigne Yasmine (prénom d’emprunt)  personne handicapée physique rencontrée à Cotonou âgée de 30 ans  qui livre son expérience : « ma première expérience et dernière avec la méthode de contraception date de 2015 où en commun accord avec mon mari, j’ai décidé de prendre une contraception moderne. De l’accueil jusqu’à l’insertion de l’implant comme méthode de mon choix, j’ai subi un interrogatoire qui ne ressemble à rien d’ordinaire ». Elle précise que les questions touchaient moins son intimité que son handicap : « j’ai été touchée et frustrée sur la question  assimilée à mon handicap que la sage-femme me posait. Mais, comme c’était une décision prise avec mon mari qui n’était pas disponible pour m’accompagner, j’ai tenu le coup. », relate Yasmine, avant de continuer en ces termes : «  je ne suis pas née handicapée, je me suis réveillée un jour à l’âge de 22 ans et je ne pouvais plus marcher.

Mes parents ont fait tout ce qu’ils pouvaient, mais je suis toujours à terre. Il faut que quelqu’un me prenne avant que je ne me déplace d’un point A à un point B. ».  Elle explique que la vie de la personne handicapée est déjà compliquée, donc utiliser une méthode moderne de contraception devient encore difficile à cause des effets secondaires. Yasmine vient à cette conclusion, car entre temps, l’insertion de son implant a conduit une grossesse six mois après.  « J’ai dépensé environ 10.000 F CFA pour prendre l’implant en 2015. Mais après six (06) mois, je suis tombé enceinte. Donc je suis en partie réticence à tout ce qui est méthode moderne de contraception », se désole-t-elle.

Vue de face du centre convivial des Adolescents et Jeunes d’Aplahoué.

Contrairement à Yasmine, Marguérite (surnom) une personne handicapée visuelle  résidante à Pahou et âgée de 24 ans affirme n’avoir jamais utilisée une méthode moderne de contraception. « Je n’ai jamais utilisé une méthode moderne de contraception, car j’ai trop peur des effets secondaires et surtout des regards que les autres auront sur moi quand j’irai vers un centre de santé pour faire la demande », confie-t-elle. 

A l’en croire, plusieurs personnes handicapées de son rang ont été stigmatisées en allant prendre une méthode moderne de contraception. Marguerite refuse de vivre la même chose et préfère opter pour les méthodes naturelles comme l’abstinence  sexuelle en attendant son arme sœur.  Les raisons  avancées par  Marguerite sont partagées par le président de l’Association des Elèves et Etudiants Handicapés du Bénin (AEEHB), Euloge Assiongbon qui, par contre, va se procurer sa méthode pour assouvir ses désirs sexuels. « Personnellement, je n’ai pas du mal à me prendre un préservatif à la pharmacie. Des fois, ma partenaire m’offre également les préservatifs. Ce qui rend les choses plus faciles pour moi.  A vrai dire, je n’ai pas de complexe pour m’acheter une méthode de contraception et c’est d’ailleurs la seule que j’adopte avec ma partenaire. », souligne ce dernier.

 La clarification des valeurs, l’épicentre d’un mal qui persiste

Face à la recrudescence des discriminations dont sont victimes les personnes handicapées lors de l’adoption d’une méthode moderne de contraception/PF, beaucoup préfèrent rester chez eux.  C’est d’ailleurs ce que relève, Ghislain Adandé : « Pour y aller, je sais que je ne peux pas aller jusqu’à la sage-femme ou celui qui est chargé de m’écouter et que parfois je dois m’arrêter là et on me demandera à deux ou quatre mètres ‘’qu’est-ce que vous voulez’’ ? 

C’est clair que la consultation privée devient une consultation publique. Avec une telle situation, c’est plus qu’une évidence que je n’irai pas. En tout cas, c’est ce à quoi nous assistons dans notre milieu. », fait-t-il savoir.  Son point de vue est approuvé dans une certaine mesure par Brice Aheko, Psychologue Clinicien des Centres Jeunes Amour&Vie.

Selon le spécialiste, l’absence de la clarification des valeurs peuvent amener des prestataires à avoir des comportements peu orthodoxes vis-à-vis d’une personne handicapée.   « La clarification des valeurs permet aux prestataires de faire l’offre des services de santé spécifiques aux personnes handicapées. L’exercice consiste également à dissocier les valeurs personnelles et les valeurs professionnelles chez nos prestataires »,  clarifie Brice Aheko.  L’avis des deux intervenants sont partagés par Hortence Kpegni, Clinicienne du Centre Jeune Amour & Vie de CEG1 Abomey-Calavi qui indique que « la réticence des personnes  handicapées à venir vers les centres se justifie par la peur de la discrimination dont elles sont souvent victimes en venant pour ces services ».

A cette raison, la clinicienne ajoute le manque de confiance et l’acceptation du handicap.

 Des actions isolées qui donnent un coup de pouce à l’approche inclusive

 L’accès des personnes handicapées aux méthodes modernes de contraception/PF constitue sans doute un problème majeur, mais la Fédération des Associations des Personnes Handicapées du Bénin (FAPHB) ne dispose pas des actions d’envergure nationale pour trouver des portes de sortie. C’est d’ailleurs ce que confirme son président en ces termes : « j’avoue que la Fédération n’est pas trop penchée sur cet aspect parce qu’on se dit que c’est une affaire individuelle. C’est une affaire de sexualité ».  Il a expliqué que des actions sont menées au niveau des associations dans les différents départements pour combler quelques vides.  Au nom des associations qui travaillent au niveau de la communauté se trouve, l’organisation Ashanda qui travaille également avec les personnes handicapées auditives.

La mission de l’organisation, selon Grégoire Hounkpè, secrétaire général est « d’expliquer ou  de montrer l’importance des méthodes modernes de contraception aux jeunes qui sont dans les ateliers (coiffure, couture)  et les écoles afin d’éviter les grossesses non désirées ».  A l’en croire, cette mission s’est imposée au vue des nombreux cas de grossesses enregistrés dans le rang des  adolescentes et jeunes filles handicapées auditives qui se croient être dans un autre monde.  Il informe que pour contribuer à la réduction du nombre de grossesse, des séances de sensibilisation et d’offres de services de PF sont organisées à l’endroit de la cible. « Malgré nos maigres moyens, nous nous organisons afin de les sensibiliser. Nous mettons l’accent sur la nécessité d’adopter une méthode, ce qui permet d’aller librement et de vivre épanoui. En ce qui concerne les jeunes filles qui sont déjà sous le toit d’un homme, nous les recommandons d’espacer la naissance des enfants », ajoute-t-il.

Vue de face du centre convivial des Adolescents et Jeunes d’Aplahoué.

En ce qui concerne la formation du personnel de santé, des séances de renforcement de capacités sont organisées. En témoigne, Brice Aheko, Psychologue Clinicien des Centres Jeunes Amour&Vie : «  nous formons les prestataires sur les offres de services tout en mettant l’accent sur la clarification des valeurs ». Pour lui, la valeur personnelle de la personne peut l’amener à ne pas faire l’offre de services aux  personnes handicapées, car il y a des préjugés vis-à-vis de ceux-ci. 

Par contre, la valeur professionnelle l’oblige à faire l’offre des services aux personnes handicapées. « La dissociation des deux valeurs a pour but de les montrer qu’en matière d’offre de services adaptée ; elles doivent faire usage de la valeur professionnelle  parce que c’est ça qui amène à faire l’offre des services. », argument-il, avant de signaler qu’en dehors de la clarification des valeurs, les prestataires bénéficient d’un  accompagnement psychologique dans le temps, car « dans un environnement de manque de confiance en soi ou d’acceptation de soi, il serait fatal qu’une personne vivante avec le handicap soit également stigmatiser en venant s’offrir un service de planification familiale/ méthodes modernes de contraception. 

Alors, nous œuvrons de notre côté pour que tout se passe dans les bonnes conditions. », souligne le psychologue

 Pour confirmer les propos de Psychologue clinicien, Hortence Kpegni, Clinicienne du Centre Jeune Amour& Vie de CEG1 Abomey-calavi  raconte ses expériences avec les personnes handicapées « j’ai eu la chance de prendre des personnes handicapées physiques. Chez nous, les échanges se font librement, car nous misons sur la confidentialité au sein de notre centre…. les personnes handicapées que j’ai eu la chance de prendre dans le centre font souvent recours aux méthodes modernes à long terme comme implant, le DIU contrairement  à l’injectable  qui se fait chaque trois mois.  En réalité, en prenant une méthode à long terme, les personnes handicapées évitent de faire assez de déplacement. » 

Elle précise que  pour créer l’environnement de confiance,  elles sont obligées d’aller dans les communautés afin d’organiser des séances de sensibilisation. Le but de la séance est de montrer aux personnes vivantes avec le handicap qu’elles ont également droit aux méthodes modernes de contraception/PF. « Nous nous déplaçons vers le CPS pour les séances de sensibilisation sur les méthodes, les dépistages et les infections sexuellement transmissibles.  Une fois la séance terminée, nous orientons les gens vers le centre pour bénéficier des services. », conclut-t-elle.  

 Tout comme les centres jeunes Amour&Vie,  d’autres organisations comme  l’OSV-Jordan, travaille pour faciliter l’accès des personnes handicapées aux méthodes modernes de contraception/PF. C’est ce qui justifie la construction des rampes d’accès pour les fauteuils roulants pour les personnes handicapées au niveau des centres multifonctionnels qui existent dans plusieurs départements du Bénin.

« Lors de la construction de nos centres, nous avons pris des mesures pour les personnes handicapées. Nous avons fait alors des escaliers  pour les personnes non handicapées, mais nous avons également prévu des rampes d’accès pour les fauteuils roulants des personnes handicapées afin qu’elles puissent avoir accès facilement à ce centre pour bénéficier des services ludiques et cliniques en matière de PF.  Au sein de la communauté, si une personne handicapée a besoin d’une méthode, elle a facilement accès au service PF. », fait savoir Jonas Agboko, Responsable Suivi-évaluation de OSV Jordan. 

  Aussi des dispositions sont-elles prises au niveau juridique par le législateur pour garantir un accès sans discrimination à toute personne qui veut s’offrir les services de contraception. Yannick Dedokoton, Juriste à la clinique légale d’Amnesty International Bénin livre les substances de la loi 2003-04 du 03 mars 2003 relative à la santé sexuelle  et à la reproduction : «  cette loi au niveau de son article 03  dit ‘’ Toute personne a le droit d’accéder à la meilleure santé en matière de reproduction sans être en but à la discrimination, à la coercition ou à la violence ‘’ plus loin dans  le texte, l’article 7  prône le droit à la non-discrimination pour toute personne‘’.

Les patients sont en droit de recevoir tous les soins de santé sur la reproduction sans discrimination fondée sur le sexe, le statut marital, le statut sanitaire ou tout autre statut, l’appartenance à un groupe ethnique, la religion, l’âge ou l’habilité à payer’’, alors ce n’est seulement les personnes handicapées. La loi prévoit qu’aucune personne ne soit stigmatisée ou ne soit discriminée ou encore qu’il y est un élément d’écartement. »

Des limites des actions isolées….

Bien que quelques actions soient menées sur le terrain, il n’est pas exclu que des conséquences d’un manque de stratégie collective ne dicte pas sa loi.  Pour preuve, le secrétaire général de l’ONG Ashanda relate : « il y a beaucoup de personnes auditives à Cotonou que nous n’arrivons pas à gérer.  Donc, ce sont des grossesses non désirées et précoces qui s’enregistrent. Mieux, quand elles sont chez un homme, l’espacement des naissances n’est pas une évidence.  En gros, ces femmes sont à la limite frustrée à cause de leur incapacité à exprimer leur désir.

  C’est un gros problème qui affectent également les parents qui des fois regrettent d’avoir eu des enfants handicapées auditives. Ceux-ci se disent qu’ils n’ont pas eu le temps suffisamment pour les éduquer. Même si, ils ont le temps, il y a un problème de communication. ».   Tout comme lui, Ghislain Adandé, point focal chargé de l’insertion professionnelle des personnes handicapées et de l’inclusion sociale à la Fédération des Associations des Personnes Handicapées du Bénin ( FAPHB) reconnait que seules les activités menées par les associations à la base ne peuvent pas avoir un grand impact sur la question, car « il y a des personnes handicapées psychosociales que nous voyons en circulation et nous ne savons même pas l’auteur de la grossesse.  Elle va accoucher, qui va s’occuper de l’enfant ? », S’interroge-t-il.

Pour sa part, le président de la Fédération des Associations des Personnes Handicapées du  Bénin apprend même que des femmes malades mentales tombent enceinte au niveau des centres psychiatriques. « Nous avons aussi remarqué que dans les centres psychiatriques, les femmes malades mentales tombent aussi enceinte facilement parce que les femmes ne sont pas aussi séparés des hommes. », regrette Domingo Nassirou. Aux multiples cas de grossesses qui sont enregistrées dans le rang des personnes handicapées s’ajoutent les abus sexuels y compris les infections sexuellement transmissibles qui sont reliées à l’absence d’éducation à la santé sexuelle d’après les différentes personnes interrogées.

Une synergie d’actions s’impose pour lever les barrières

Face à l’urgence de la problématique de l’accessibilité des personnes handicapées aux méthodes modernes de contraception/PH les différents acteurs pensent qu’il serait opportun de travailler en synergie pour mieux impacter. « C’est bien d’aller faire des communications dans la communauté, mais il faut surtout bien travailler  ensemble de telle sorte à faciliter la  compréhension aux personnes handicapées qui arrivent sur le terrain pour apprendre et comprendre. », suggère Ghislain Adandé.  Le Point Focal chargé de l’inclusion au sein de la FAPHB demande également de trouver une place pour les indicateurs PF des personnes handicapées. « Il faut que les organisations trouvent un indicateur dans tout ce qu’ils font.  Nous voulons atteindre 1000 personnes sensibilisées sur la planification familiale et méthode contraceptive dont 5% des personnes handicapées ou 10 personnes handicapées. 

Ainsi, elles peuvent se fixer 200 personnes handicapées par an ou aller même au-delà. », explique-t-il. Il affirme par ailleurs que « quand vous avez un indicateur, vous allez tout faire pour atteindre les objectifs de cet indicateur.  L’oubli ne sera plus une excuse en ce moment-là comme c’est le cas ces temps-ci. », selon lui. En tenant compte de son expérience personnelle, dame Yasmine (prénom d’emprunt)  propose aux associations des personnes handicapées et à l’Etat de collaborer ensemble pour faciliter la formation des agents sanitaires sur les techniques d’accueil sans discrimination.  Yasmine pense que  cette formation peut prendre en compte les animateurs et animatrices en langage pour pouvoir échanger au moins les choses élémentaires avec les personnes handicapées auditives.  

 De manière pratique et stratégique pour mieux bouger les lignes, Jonas Agboko, Responsable Suivi-évaluation de OSV Jordan  suggère la création des offres dans les centres pour Personnes Handicapées. Pour lui, l’intégration des offres de services PF au sein desdits centres est un atout dans l’accessibilité géographique et évite les déplacements aux personnes handicapées. Il reste optimiste pour cette proposition qui peut s’accompagner de la stratégie de dématérialisation des services de PF.

D’un autre côté,  Domingo Nassirou, président de la FAPHB exhorte l’Etat à construire des infrastructures sociales sanitaires et de les rendre accessibles aux personnes handicapées. Pour lui,  même si l’Etat rend l’accès à ses besoins gratuitement et que les lieux ne sont pas accessibles, la personne handicapée physique ne peut pas y accéder. Pour finir, il lance un appel à tous les Partenaires Techniques et Financiers qui peuvent aider la fédération à véritablement se pencher sur la question.

« Nous avons besoin des moyens pour faire la vulgarisation des problèmes afin de chercher ensemble des solutions fiables.  Du moment où nous parlons de l’inclusion, ce n’est plus une question d’aide, ce n’est plus une question caritative, c’est une  question de droit. », plaide le président de la FAPHB.

 Pour sa part, le juriste  pense qu’il faut  non seulement organiser des activités de sensibilisation de tous les acteurs avec un accent particulier sur ceux de la santé pour attirer leur attention sur le fait que les personnes handicapées ont les mêmes droits  que les personnes non handicapées, mais également de vulgariser la loi surtout en langue à cause du faible taux d’éducation de base des personnes handicapées.  

A cet effet, Yannick Dedokoton souhaite que les juristes soient associés à ces différentes activités afin de réduire considérablement les discriminations dont sont victimes les personnes handicapées.

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