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mardi , septembre 21 2021

Bénin: comme Clara et Kouclick, Angela la difficile chasse à la rente du buzz

Elle aura été dans l’indifférence totale, une journaliste plusieurs années durant. Mais en une seule année. Pourtant cette carrière qui est loin d’être de celles que retient l’histoire va basculer un premier mai 2020. La journaliste du lot de la seconde zone devient et se proclame web-influenceuse. Le début d’une chasse à la rente du buzz.

Tout commence dans l’ombre du mouvement ‘’me too’’. En cette veille lointaine de l’été 2020, où le mouvement qui déballe les faces cachées du harcèlement sexuel en occident s’essouffle, Angela Kpeidja va créer un tollé général en publiant le 1er mai un texte sur son compte Facebook. On y lit, le râle-le-bol d’une dame décidée à dévoiler à la face du monde le harcèlement sexuel généralisé que subissent les femmes journalistes de l’office de radiodiffusion et télévision du Bénin. Tout le pays a été emballé dans ce débat au point où Patrice Talon habitué à être loin des bruits des réseaux sociaux a dû intervenir.

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Angela Kpeidja a été reçue par le chef de l’Etat. Dans la foulée, une information judiciaire a été ouverte. Un des responsables de la rédaction a même été suspendu. Dans ce mois de mai 2020 et les mois qui suivront, l’effet Angela fait des vagues. L’auteure des déballages commence par prendre conscience de la portée de son action.

Deux mois après, soit le 3 juillet 2020 elle lance #N’aiepaspeur. Elle veut par ce mouvement, inciter les femmes à dénoncer le fléau du harcèlement. Dans ces premiers mois où l’effet de ses déballages n’avait pas été encore dissipé, dans l’opinion nationale l’assentiment était encore convergeant. Aujourd’hui, c’est toute une autre réalité.

Le burlesque de la controverse

Quand le président de la République a reçu la ‘’balanceuse nationale de porcs’’, elle s’est sans doute mise en rêve trop poussé. L’une de ses premières déclarations à controverse a été sa réaction suite à sa nomination en tant que chef service web de l’Office de radiodiffusion et télévision du Bénin. « Maigre consolation » écrit-elle. Les réactions vives vont s’en suivre.

Et depuis, la désormais présidente de l’organisation non gouvernementale ‘’N’aie pas peur’’ n’en finit pas d’enflammer la toile. Dénonciation parfois aux contours flous et suspects suscitant des commentaires, s’approprier les décisions gouvernementales, se dire à l’origine des changements jusqu’à se mettre à dos certaines femmes et des activistes féministes, tout y passe pour demeurer au-devant de la scène.

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Nager dans le burlesque, foncer et ne pas tenir compte des récriminations. Angela Kpeidja se justifie dans ses écrits par la nécessité de faire bouger les lignes. Sauf que, ceux qui mènent les changements et les révolutions de taille, ont besoin de mouvances, d’adjuvants, des agents de changement. Se mettre tout le monde à dos, brusquer même les hommes acquis à la cause de votre thème d’engagement. Tel est le combat et la démarche de Angela Kpeidja. Se faisant comme avec plaisir tailler par des activistes aux influences certaines sur les réseaux sociaux.

A y voir de très proche, scruter les publications successives du phénomène Angela révèle des éléments d’une évidence qui nous ramène à l’ère du triomphe de Clara la porto-novienne. Un succès basé sur le buzz qu’il fallait à tout prix faire perdurer aux fins de mettre en place une micro-industrie. Ceci très vite, le temps que le buzz ne s’essouffle. Bien cuisinée et administrée, la rente peut se muer en une véritable machine qui aide à frayer le chemin vers la visibilité que le métier de journaliste n’a su offrir. De mai 2020 à ce jour, le bilan tient la visée du pari. Angela peut se frotter les mains. Elle existe enfin. Elle fait la une des journaux.

Une promotion avec un poste de chef service, une présidence d’une ONG, et même des distinctions pour son combat, c’est une renversante aventure au goût idyllique que vit la jeune dame. Le buzz à lui seul permet à la journaliste de recouvrer une embellie inattendue. Elle se laisse emporter par le vent de cette chasse à la rente d’un buzz au point de se muer en écrivain. Le livre, témoignage promis est en téléchargement. La toile ne se fait sans doute pas d’illusion, l’ouvrage promis ne sera pas un Goncourt. Mais avec le buzz et la petite entreprise autour et le marketing qui accompagne, la rente sera au rendez-vous.

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Le succès est patent et même inspirant. Sur la toile, depuis mai 2020, Angela Kpeidja n’a d’égal que Togbê Yeton, le rappeur masqué. Les puristes pestent et disent leur désarroi, mais l’idylle que vivent les stars du buzz est une voie que beaucoup cherchent aujourd’hui à croiser et monétiser. Le seul bémol est qu’au Bénin le buzz est fragile et passager. Une fragilité qui n’a que faire des frasques répétées de Clara la porto-novienne. Elle, déjà rangée, oubliée au profit de Angela d’aujourd’hui et de Kouklick d’hier.

Kouklick qui tente avec son manager de résister au vent de la succession, entre inexorablement déjà dans les confins de l’impitoyable oubli qu’accélère le buzz quand il finit de vous ériger en pharaon. Reste à savoir jusqu’où Angela ira dans sa résistance à ce vent si rentable, ce vent qui, on le sait, prépare un autre célèbre de quelques jours à l’instar de Sakina de Tchaourou.

L. B.

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