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mercredi , septembre 22 2021

Bénin – Système partisan : la réforme suspendue au futur politique de Abimbola

De gauche à droite : Abimbola, Bio Tchané et Gbian, 8 déc. 2018, Congrès constitutif BR

C’est l’un des ministres de la République qui ont en mains un des postes stratégiques dans la mission que se donne le président Béninois : repositionner son pays. Il s’agit du ministère de la culture et du tourisme. Jean Michel Abimbola, un ministre dans un gouvernement où la majorité de ses collègues sont responsables de partis ou membres influents. Depuis peu, cet acteur politique de la 22e circonscription est libre de tout contrat politique. Il a résilié celui qui le liait au Bloc Républicain. Un départ qui risque de casser la dynamique d’une réforme dont il était en partie géniteur.


Jean Michel Abimbola, un ministre orphelin politiquement. Il y a peu, personne ne pouvait l’imaginer. Avant novembre 2020, Abimbola a codirigé le bloc républicain avec Abdoulaye Bio Tchané et Robert Gbian. Après la mise en place des instances du BR, il a été choisi comme premier secrétaire général adjoint du parti. Suspendu par le secrétaire général national depuis novembre 2020, le ministre de la culture aura attendu 6 mois, fin avril avant finalement d’annoncer lui-même sa démission.

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Si entre la suspension prononcée par le secrétaire général en novembre 2020 et avril 2021 l’ex secrétaire général adjoint n’a pas été bavard sur le dossier, son départ n’a pas fini de faire des vagues. Après lui, le bloc républicain continue de saigner. Des membres BR de la diaspora, des membres de la 22e circonscription électorale, ainsi que bien d’autres claquent la porte.

La vague Abimbola secoue fort. L’on parle de 400 personnes que le parti aurait perdues. Parmi elles, 58 membres fondateurs. Pour un mouvement politique qui se voulait être leader parmi tous les partis béninois, l’équation inquiète tout comme la destination future du ministre de la culture préoccupe.

Père et futur assassin de la réforme du système partisan

Des rumeurs les plus folles aux paris les plus osés, la destination future du ministre Abimbola fait beaucoup parler. Les conjectures prédestinent le ministre de la culture à la tête d’un parti politique à venir. Avec les démissionnaires d’avant et d’après son départ du BR, il aurait un projet que vont intégrer les démissionnaires des partis rivaux comme Moele-Bénin. Nous n’en sommes qu’aux conjectures.

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Quoi qu’il en soit, Abimbola ne va pas rester ad vitam aeternam sans parti politique. Or, on le voit mal rejoindre l’Union Progressiste. Ce sera une arme donnée aux pourfendeurs de la réforme du système partisan pour se venger. Aller vers un autre parti ne sera ni plus ni moins que de la transhumance politique. L’idée pourtant de la réforme du système partisan était en partie de contrer la balade des politiques de parti en parti au gré des vents.

Que peut faire Abimbola de son avenir ? Créer un nouveau parti politique ? Les critiques et adversaires des réformes politiques ne rateraient pas, là aussi, du grain à moudre. La réforme avait pour principale motivation d’établir de grand parti. Au départ la mouvance devrait en avoir 2. Nous en sommes déjà à 2 principaux et au moins 3 partis satellites. Si Abimbola en crée un autre il va, par cet acte, confirmer l’échec d’un combat pour lequel il avait été au-devant. Il est incontestablement l’un des géniteurs et maitre penseur de cette réforme avec à l’époque (entre 2017-2019) le BMP, le bloc de la majorité parlementaire dont il aura été le coordonnateur.

Le grand rendez-vous manqué avec l’histoire

L’histoire des réformes politiques de Patrice Talon, s’est écrite avec l’engagement et la persévérance des hommes dont le ministre de la culture, Jean Michel Abimbola. Cependant, l’histoire des engagements politiques est souvent comme celle d’un serpent qui se mord la queue. Quand en novembre 2020 le ministre de la culture a été suspendu par son parti et que la sanction a duré 6 mois sans suite, l’ancien secrétaire national adjoint du BR avait rendez-vous avec l’histoire.

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Un rendez-vous de savoir souffrir pour voir rester debout ce que lui-même a beaucoup contribué à ériger. Il s’agit du retour en politique au Bénin de la puissance du groupe au détriment de l’individu. A ce rendez-vous nécessaire à la consolidation du nouveau système partisan, Abimbola s’est dérobé. Et c’est à grande enjambée.


Vouloir aujourd’hui avoir son propre parti ou aller ailleurs, sera inévitablement un tournant pour tout ce que, politiquement, Patrice Talon a bâti. Bien que ses anciens partenaires du bloc républicain soient aussi blâmables que lui, le passé trop lourd dans la construction des réformes ne lui permet pas de se soustraire aux sanctions encore moins de créer son propre club politique. Car en définitive, un parti né aujourd’hui des cendres de la démission de Abimbola du Bloc Républicain ne sera que le parti de Abimbola. C’est pourtant ce que la réforme voulait à tout prix éviter : des individuels.

La politique, pire que Golgotha

Le futur politique du ministre de la culture se dessine, pour les réformes du système partisan, comme une clé. Elles se renforceront ou s’affaibliront selon l’option du ministre.

Comme les partis politiques de l’opposition qui, aux élections législatives et communales de 2019 et 2020, n’ont pu avoir droit de citer et qui ont dû se contenter du silence et du sacrifice pour laisser passer le train réformiste dans lequel Abimbola était confortablement assis, il doit aujourd’hui porter sa croix sur un chemin politique plus épineux que Golgotha.

Triste destin d’un géniteur. Contraint de se nourrir de silence pour voir grandir son œuvre, son fils. C’est le destin au goût de devoir punitif de Jean Michel Abimbola. Ce devoir, si Abimbola le fuit, il va ouvrir un cycle triste où nous verront se défiler les frustrés des partis politiques chacun devenir à son tour président. Un retour du règne des partis en foule.

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