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lundi , octobre 18 2021

RECURRENCE D’UN FAIT SOCIOLOGIQUE :Djougou, l’épicentre de l’immigration clandestine au Bénin

LOGO DE LA MAIRIE DE DJOUGOU

5 juillet 2021, 369 personnes ont été secourues en Méditerranée dans la nuit du dimanche à lundi par l’organisation non gouvernementale ‘’SOS Méditerranée’’. Le navire de secours de l’organisation a une fois de plus pu sauver in extrémiste des vies. Sur le continent d’où on sait généralement que les migrants clandestins partent, l’heure n’est pas au grand débat sur le sujet. Au Bénin beaucoup semblent l’ignorer, pourtant, de nombreux jeunes partent de ce pays pour risquer braver la mer à la quête d’une nouvelle chance. Tout comme Hafiz (nom modifié ndr).


Hafiz a 23 ans. Ce matin de mercredi 9 juin, il a rendez-vous à l’immigration à Cotonou pour enfin obtenir le passeport. Depuis 6 mois, il s’est battu pour braver les différentes procédures qui conduisent à l’obtention du précieux sésame. Quand dans l’après-midi il entre en possession de son acte d’identité, c’est le début des préparatifs qui vont le conduire deux semaines plus tard, à Tripoli. Hafiz s’y est installé. Il va d’abord se « débrouiller » avec de petits jobs. ‘’Maintenant commence le plus dur’’, a-t-il lancé à la rédaction de La Primeur fin juin.

Une nouvelle chance avec ses risques


La capitale libyenne. Malgré l’insécurité, de milliers de subsahariens affluent dans la ville. Ils sont attirés par deux choses, la disponibilité des petits travaux bon marché et les filières de passeurs pour l’Italie. Depuis l’éclatement de la guerre en 2011, le marché de la construction a explosé. C’est un des domaines qui offrent d’opportunités. « Le risque est partout. Ce ne sont pas des emplois avec contrat. Non», explique Hafiz. Deux semaines après son arrivée, le jeune béninois ne peut dire quand va prendre fin son séjour libyen.


Plusieurs mois de travaux, entrer en contact avec des passeurs clandestins et se résoudre à prendre la mer dans des bateaux précaires et surchargés. Hafiz a son agenda. Mais dit prier beaucoup. « Tout ne se passe pas comme les gens le prévoient. Des enlèvements, de faux passeurs, des intempéries ou saisons difficiles. Rien n’est gagné d’avance ».

Les alertes se multiplient mais les jeunes foncent


Les enlèvements. Plusieurs familles ont déjà été alertées à Djougou et dans les autres localités de la commune pour des évènements semblables. En 2015, la famille de Ousmane a dû débourser 6000 dinars libyens soit plus de 70000 francs CFA. C’est seulement après le versement de cette rançon que Ousmane a été libéré par ses ravisseurs. Nous l’avons rencontré à Djougou. Revenu chez lui depuis grâce à l’appui de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), il a refait sa vie.


La dernière alerte à une famille parvenue à la rédaction de La primeur date d’une semaine. Un jeune de la commune de Djougou a informé ses parents de l’enlèvement de sa compagne. Enceinte, la femme est d’origine nigériane. Les ravisseurs demanderaient 600.000 fcfa environ 5000 dinars. Si ce dernier cas n’est pas encore authentifié avec d’autres témoignages que l’avis de l’émetteur de l’alerte, plusieurs jeunes de la localité de Djougou ont vécu des situations semblables à celle de Ousmane.

Rien ne semble cependant émousser, chez les jeunes, les envies de partir. La ville de Djougou a toujours été une ville tournée vers l’extérieur. La migration dans la cité des Kpéitoni est d’essence socioculturelle. L’exode rural des jeunes filles, la migration des jeunes filles vers le Niger et au Nigéria, la migration des hommes vers le Nigéria, la Côte d’Ivoire, le Ghana, l’Allemagne, l’Italie, Dubai, Koweït toutes les destinations trouvent pour leur compte dans cette commune.

L’El dorado…

Samedi 26 juin, dans l’un des quartiers périphériques de la ville de Djougou un monde fou est rassemblé. Un mariage se célèbre en grand. Le marié est un expatrié. Revenu au pays juste pour l’occasion. Le monde et les moyens déployés dénotent de son succès. C’est en tout cas largement au-dessus de ce qu’un jeune resté au pays ferait. Les gros porteurs, les maisons, les mariages somptueux. Toute la ville de Djougou porte les marques d’une immigration qui vide la commune. De quoi aiguiser l’appétit des plus jeunes à risquer l’abordage de la mer.


Si plusieurs immigrés laissent transparaitre à Djougou des signes du succès, la ruée vers l’extérieur n’est pas sans conséquence. Le premier impact direct est la déscolarisation précoce. Plusieurs ONG sont au front pour freiner le phénomène. Chez les enfants, des filières existent pour nourrir le trafic. Djougou et ses 122 villages sont concernés. A plusieurs reprises, l’ONG P-MaREDeL a défrayé la chronique pour avoir permis de mettre la main sur les trafiquants d’enfants. Les forces de l’ordre se mettent à petits pas dans la danse. Mais chez les adultes, bien souvent un jeune qui se débat à Djougou le fait pour préparer le grand départ, avec la traversée de la mer en prime.

LA PRIMEUR

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