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samedi , septembre 25 2021

Parrainage: lettre ouverte d’un citoyen béninois au président Joseph Djogbénou

Joseph Djogbénou, président de la cour constitutionnelle du Bénin

Après la décision de la Cour constitutionnelle du Bénin relativement au système de parrainage pour l’élection présidentielle, le citoyen béninois Thibaut Ogou adresse une lettre ouverte au président Joseph Djogbénou, président de la cour constitutionnelle du Bénin. Président du mouvement Alliance Conclave de la Jeunesse (ACJ) et initiateur du mouvement « NON AU PARRAINAGE », il a, à travers sa correspondance en date du lundi 18 janvier 2021, demandé au président de la haute juridiction de préserver la  » démocratie et les libertés chèrement acquises ».

LIRE l’intégralité de la lettre ouverte de Thibaut Ogou


Monsieur le Président,

Depuis la conférence des forces vives de la nation de 1990, notre pays s’est révélé sur le plan international comme un exemple de démocratie. Cela a été réaliste grâce à la constitution, notre constitution de 1990, celle qui prône les libertés, la cohésion sociale et le vivre ensemble de tous les fils et filles du Bénin. Les institutions étatiques, chacune dans son rôle, ont travaillé pour la préservation de ces acquis et tout ceci dans une logique de séparation de pouvoir au sommet de l’Etat. Mais depuis l’avènement du régime dit de la rupture en 2016, un régime dont vous êtes un partisans, notre pays a connu un grand recule sur le plan des libertés fondamentaux et des droits humains. Les acquis démocratiques chèrement acquis sont sabotés. Notre pays s’est effondré dans une dictature autocratique légalisée par une Constitution révisée à la majorité par des députés illégitimement élus à 4% par le peuple Béninois. Les lois d’exclusion de l’opposition sont votées à l’Assemblée nationale. Parmi ces lois compte la loi sur le parrainage aux élections présidentielles. Cette peur de voir l’opposition exclut des élections présidentielles prochaines par le biais de ces lois a poussé certains citoyens à saisir la Cour constitutionnelle, l’institution garant de la préservation de l’État de droit dans notre pays, une institution que vous dirigez depuis quelques années.
Monsieur le président,
Suite à ce recours, la Cour constitutionnelle que vous présidez a rendu publique sa décision le vendredi 08 janvier 2021 lors d’une section ordinaire. A travers la décision DCC 21-011 du 07 janvier 2021, la Cour constitutionnelle s’est déclarée incompétente. Une décision qui a soulevé beaucoup de réactions de plusieurs leaders politiques et même de plusieurs juristes. On peut toutes fois dire que ces réactions sont politiques mais dans le fond ça exprime la peur que ressent les béninois en cette période sensible que notre pays s’apprête à traverser.
Monsieur le président,
Le peuple béninois avait approuvé un sentiment de confiance cette date où vous avez pris la tête de la plus haute institution dans notre pays. Nous vous connaissons et nous avons vu les combats que vous avez menés. Malgré vos liens personnels avec le Président de la République dont vous êtes l’avocat personnel, le peuple béninois a eu confiance en vous et s’est dit que vous entendrez le chant de notre hymne national. Nous avons espoir en vous. Mais contre toute attente, l’une de vos premières décisions à la tête de cette institution, sur la loi portant création de la CRIET en République du Bénin, une loi anti constitutionnelle nous avait laissé les critiques vis-à-vis de vous mais nous continuons par croire en vous. La validation de la nouvelle constitution votée par des députés illégitimes et qui légalise la dictature et l’autocratie dans notre pays nous avait fait peur mais nous continuons néanmoins par croire à la haute institution que vous incarnez. Malgré que nous savons que toutes les institutions étatiques sont à la solde du pouvoir en place, nous continuons par nourrir de l’espoir en la Cour constitutionnelle. Et c’est l’expression de cet espoir et de cette confiance qui a poussé ces citoyens qui ont accepté porter la voix de tout le peuple béninois à faire recours à la haute institution de notre pays.
Monsieur le président,
La paix n’est pas un vain mot mais un comportement. Un comportement qui engage tout béninois, vous et nous. Notre pays s’apprête à traverser des moments sensibles. Et je ne vous apprends rien quand j’affirme que la plupart des crises survenue dans plusieurs pays sont liées aux crises électorales. Nous savons tous que la loi sur le parrainage, une des lois toxiques, que je suis le premier à combattre à travers le mouvement  » NON AU PARRAINAGE « , est une loi d’exclusion de l’opposition. Dans un pays où l’opposition n’a ni députés ni maires, comment cette opposition pourra-t-elle avoir de parrainage crédible ? Toléré cela, c’est être complice de la dictature et de l’autocratie, de la ruse d’exclusion du pouvoir en place. Et c’est ce que vous faites actuellement monsieur le président. Rappelons-nous de la crise de 2019, où suite aux élections législatives boycottées à 4% par la population, vous avez validé des députés dans des circonscriptions où les populations n’avaient pas voté. La suite nous la connaissons tous : des morts et des blessés. Cela a fragilisé la cohésion sociale et l’unité nationale. Mais cette fois ci il s’agit des élections présidentielles.

Monsieur le président,
Je vous adresse cette lettre ouverte pour exprimer une fois encore ma peur, la peur de tout le peuple béninois par rapport à vos prises de positions. Vous incarnez aujourd’hui une institution, la plus haute dont les décisions sont irréversibles. Dans quelques mois, nous irons aux urnes pour choisir celui ou celle qui dirigera notre pays pendant les cinq ans à venir. Votre institution est impliquée dans cette élection et ses décisions sont irréversibles.

Monsieur le président,
Le rôle de la Cour constitutionnelle est de garantir les droits fondamentaux et les libertés publiques. Elle est l’organe régulateur du fonctionnement des institutions et de l’activité du pouvoir public. Un rôle que cette Cour a joué depuis 1990 jusqu’à votre installation à sa tête. Votre institution est pour le peuple et se doit d’être aux côtés du peuple. Nous avons peur que vos décisions ne soit celles du peuple mais plutôt celles de votre candidat, celles du pouvoir en place comme ce fût le cas lors des élections législatives de 2019. Cela, le peuple béninois n’acceptera Jamais. La Cour constitutionnelle n’est pas pour un clan mais plutôt pour le peuple béninois. Notre peuple est patient mais très attaché à sa démocratie et est toujours conscient de ses choix. C’est notre devoir, nous jeunes de vous rappeler à la raison car l’avenir et la raison d’être de cette nation c’est nous.
Monsieur le Président,
Vous avez le choix. Le choix de continuer dans vos erreurs et d’être responsable de l’effondrement de ce pays construit par nos pères ou de choisir le peuple.
En attendant, nous continuons le combat pour la restauration de nos acquis démocratiques. Telle est la mission de notre génération. La mission de la jeunesse.

Thibaut Armand OGOU

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