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samedi , septembre 25 2021

Refus des monnaies usées au Bénin: Théoriquement interdit, pratiquement pérenne sur un marché toujours hostile

Le rejet des pièces de monnaie et billets de banque émis par la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) est contre la loi en vigueur. Et pourtant, en dépit du récent communiqué du ministre de l’économie et des finances du Bénin, le phénomène persiste au sein de la population. Des mesures drastiques s’imposent dès lors.

Les textes en vigueur  l’ont prescrit, mais les sujets semblent le banaliser. Le refus de recevoir la monnaie ayant cours légal dans un Etat membre de l’UMOA est puni par la loi. Cela n’est en réalité plus un secret pour personne car, dit-on souvent, nul n’est censé ignorer la loi.  Par contre, un tour sur le terrain laisse voir que cette interdiction faite de refuser les monnaies ne relève que de la pure théorie puisque les plaintes continuent toujours de fuser de partout.

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« Nous avons applaudi le communiqué du ministre Romuald Wadagni relatif au rejet des monnaies du fait de l’ampleur de la situation. Cependant le constat reste le même car nous sommes toujours confrontés à ce problème qui nous embête régulièrement », nous a confié un citoyen béninois rencontré dans un marché de la ville. Tout comme lui, plusieurs personnes sont également victimes de ce rejet qui, selon certains, dénoterait de la mauvaise foi de ces marchands qui peuplent les marchés.

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Mais à y voir de prêt, ces derniers seraient aussi dans l’obligation de refuser puisque la conscience collective reste emballée par cette idée reçue que les pièces de monnaies usées et les billets altérés perdent leur valeur et méritent juste de sortir de la masse monétaire. « Si je prends une monnaie usée, qui acceptera la reprendre chez moi, même si la loi interdit que l’on refuse d’en prendre ? », s’interroge Justin Avohou, vendeur de friperie à Cotonou. De ce fait, il se pose donc un problème de communication autour des lois qui interdisent le rejet des pièces usées dans l’espace UEOMOA.

Nécessité d’une sensibilisation de masse

Une chose est de voter des lois, l’autre plus importante est d’œuvrer pour qu’elles soient connues du plus grand nombre. C’est en effet par ce canal que les sujets seront davantage imprégnés de leurs obligations ou limites. Face à la récurrence du phénomène du rejet des monnaies au Bénin, l’une des solutions qui se présente est la vulgarisation des textes régissant le domaine. C’est dit donc que des actions doivent être menées dans ce sens pour mettre les uns et les autres sur la même longueur d’onde, en mettant surtout l’accent sur les sanctions réservées.

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Le peuple béninois est en majorité analphabète ; ce qui implique des sensibilisations dans les langues locales afin de faire comprendre à la conscience collective que « les pièces de monnaie lisses, ayant perdu leur éclat ou mutilées et les billets de banque froissés émis par la BCEAO ont toujours cours légal et pouvoir libératoire sur toute l’étendue du territoire national et dans tous les pays de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA) », comme l’a précisé le ministre Romuald Wadagni dans son communiqué relatif au sujet.

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Il faudra, pour y parvenir, mettre à contribution les élus locaux, les églises et mosquées, les autres lieux de cultes, etc. pour que cette lutte commune soit une réussite. Après cette étape qui ne prendra bien évidemment pas une longue période, il sera maintenant question d’aller à une vitesse supérieure.

Des sanctions exemplaires pour les récidivistes

Dans son courrier N°B00/SCA/­00467-2016 du 21 décembre 2016,  l’UEMOA donnait des instructions fermes aux institutions financières de ses pays membres quant à l’utilisation à faire des monnaies et billets altérés ou maculés de la masse monétaire. L’institution a précisé à cet effet, parlant des pièces ou monnaies usées, que « nul n’a le droit de les refuser » et que les différentes institutions financières se doivent de mettre en place un dispositif permettant de rembourser les auteurs des versements desdits billets.

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Par ailleurs, la législation béninoise est aussi contre le fait. Ainsi, conformément à la loi N° 2018-16 portant code pénal en République du Bénin, seuls les faux billets ou monnaies falsifiées sont rejetables et des sanctions sont prévues à l’encontre des auteurs. Cette loi dispose qu’« aucun citoyen n’a le droit de refuser une pièce de monnaie ou un billet de banque en circulation ».

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Appliquer ces textes en vigueur pourra certainement dissuader ces récidivistes et mettre un terme à ce fait qui ne cesse de créer des incidents dans plusieurs localités où des transactions entre agents économiques n’ont pu être effectives. En attendant que tout cela ne soit réalisé, il faut rappeler que les populations détenant des pièces de monnaie mutilées ou devenues lisses, ainsi que les billets de banque froissés par l’usage, peuvent procéder à leur échange gratuitement aux guichets de la BCEAO.

Par Emmanuel M. LOCONON

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